Bienvenue

Mardi 20 mars 2012, par ISPEF // L’histoire de l’Institut


Dans ce paysage universitaire, forgé au fil du temps, voyons comment l’ISPEF en est peu à peu venu à sa forme et à son ampleur actuelles.

En 1884, le ministère de l’Instruction publique créé un cours de Sciences de l’Éducation à la Faculté des Lettres de Lyon, un an après la Sorbonne. L’enseignement est confié à Raymond Thamin, maître de conférences, puis professeur de philosophie, qui l’assure durant dix ans. Ce cours est destiné prioritairement aux élèves maîtres et aux professeurs des Écoles Normales.

Raymond Thamin nommé recteur de l’académie de Bordeaux, Charles Chabot lui succède, et est bientôt élu à la chaire de Science de l’Éducation, créée par le décret du 27 août 1900. Devenu doyen de la Faculté de Lettres, il occupe cette chaire jusqu’à sa mort, en 1924.

Il est remplacé par Jean Bourjade, qui était chargé d’enseignement de sociologie à la Faculté de lettres. Lorsque celui-ci quitte cette fonction en 1945, au moment de sa retraite, la chaire est supprimée.

Un décret du 3 novembre 1945 crée alors - avec un statut d’Institut d’université - l’École Pratique de Psychologie et de Pédagogie (EPPP), dont Jean Bourjade avait jeté les bases en 1942 et dont est issu l’actuel ISPEF. On y dispense des formations à l’intention des éducateurs spécialisés (avant la création du diplôme d’État), des instituteurs exerçant auprès des enfants sourds, des orthophonistes, des inspecteurs de l’enseignement primaire, des professionnels de l’enfance (jardinières d’enfants...).

L’EPPP est dirigée, de 1945 à 1947, par Jean
Bourjade ; par Gabriel Madinier, professeur de philosophie, de 1947 à 1953 ; par Léon Husson, professeur de sociologie, de 1953 à 1967 ; par Jean Guillaumin, professeur de psychologie, de 1967 à 1968.

Créé vers 1953, le Laboratoire de pédagogie expérimentale est dirigé par Richard Delchet jusqu’en 1960, puis par Guy Avanzini jusqu’en 1972.

En 1968, par décret du 9 juillet, l’EPPP devient l’Institut de Psychologie, Sociologie et Sciences de l’Éducation (IPSE). De 1968 à 1979, Jean Guillaumin dirige cet Institut, désormais rattaché à la seule Université Lyon 2. Guy Avanzini en est directeur-adjoint. Georges Snyders y enseigne, plusieurs années durant, l’histoire des doctrines.

Dès 1968, l’Université Lyon 2 “contrôle”
les enseignements de sciences humaines dispensés par l’École des lettres de Beyrouth, ce que l’Université de Lyon assurait déjà avant la Seconde Guerre.

La préparation à la licence de sciences de l’éducation, créée par l’arrêté du 11 février 1967, est ouverte en 1969, avec la collaboration de Robert Dottrens, professeur de pédagogue à l’Université de Genève. Il y a alors 45 étudiants.

En 1970, la maîtrise est également ouverte, puis le DEA et le doctorat.

En janvier 1972, sur décision du conseil de l’Université, ces nouveaux enseignements sont rattachés à l’Institut de Psychologie, Sociologie et Sciences de l’Éducation.

Le 15 juin 1973, le conseil de Lyon 2 se prononce en faveur de la partition de l’université. Ainsi, par décret du 26 juillet, le ministère de l’Éducation nationale crée les Universités Lyon 2 et Lyon 3. À
noter que l’Université Lyon 1 “nouvelle formule”
avait été créée en 1970.

Avec la restructuration qui en découle aussitôt, les enseignements de sciences de l’éducation continuent à relever de l’IPSE, désormais dénommé Institut de formation aux pratiques psychologiques, sociologiques et pédagogiques, dirigé, de 1979 à 1986, par Gérard Broyer, maître de conférences en psychologie.

En 1982 (et jusqu’en 2003), l’Université Lumière Lyon 2 est le siège de la Société Alfred Binet et Théodore Simon, successivement présidée par Léon Husson et Guy Avanzini.

En 1986, compte tenu de la mise en œuvre de la loi d’orientation de 1984, l’Université
Lyon 2 crée d’une part, l’UER Institut de psychologie,
chargée de la formation des psychologues et dirigée par Gérard Broyer de 1986 à 1991 ; d’autre part, l’UER de psychologie, sociologie, ethnologie et sciences de l’éducation, qui comprend, comme son nom l’indique, quatre départements. Jean Girard, professeur d’ethnologie en est le directeur et Guy Avanzini assure la direction du département des sciences de l’éducation.

C’est en 1988 que reconsidère le rattachement des départements de cette UER. L’UFR-Faculté de sociologie et d’ethnologie est constituée, et le département de psychologie est rattaché
à l’Institut de psychologie. Le département
de sciences de l’éducation donne lieu à la création - avec le statut d’institut en raison de sa dimension professionnelle - de l’actuel Institut des Sciences
et Pratiques d’Éducation et de Formation.

Début 1989, Guy Avanzini, professeur de sciences de l’éducation, en est le premier directeur de 1989 à 1994. Il met en place les structures de l’ISPEF, avec 3 départements : Sciences de l’éducation ; Pratiques sociales ; Formation des maîtres (ex IFM), supprimé en janvier 1992 et remplacé par le Service de coordination Interdisciplinaire pour les Métiers de l’Éducation et de la Formation (SIMEF), alors dirigé par Jean-Marie Besse.

La même année, Guy Avanzini organise un grand colloque, qui marque le 20e anniversaire de l’ouverture de la licence de sciences de l’éducation à l’Université Lyon 2.

En 1991, un DESS “Concepteur
réalisateur de formation” est ouvert, en co-responsabilité
avec la Faculté de sciences économiques et de gestion.

En 1994, Philippe Meirieu, préalablement directeur du département des sciences de l’éducation, succède à Guy Avanzini.

Un centre de ressources documentaires en sciences de l’éducation est créé en 1995.

En 1998, au départ de Philippe Meirieu, nommé directeur de l’INRP, Michel Develay est élu directeur de l’institut.

La même année, une licence sciences de l’éducation - Pacifique Sud est créée, sous la responsabilité de l’ISPEF, pour les étudiants de Nouvelle-Calédonie.

En 2000, un DESS “Formation sanitaire et sociale” est ouvert, en co-responsabilité avec l’Université de Chambéry.

Le campus numérique FORSE voit le jour en 2001.

Succédant à Michel Develay, arrivé au terme de son mandat, Charles Gardou, précédemment directeur du département des sciences de l’éducation, est élu directeur de l’Institut en janvier 2003.

En septembre 2003, dans le cadre de l’harmonisation européenne des études universitaires, plus précisément de la réforme dite du LMD, correspondant aux trois grades Licence-Master-Doctorat, la licence “Sciences des sociétés et de leur environnement - mention Sciences de l’éducation” est mise en place.

Simultanément, sont ouverts les enseignements de majeure associée “Sciences de l’éducation”,
permettant, du semestre 1 au semestre 4, à des étudiants d’anthropologie, de psychologie, de sociologie et de sciences du langage, d’intégrer les sciences de l’éducation à leur formation.

En septembre 2004, le master 1 (ex-maîtrise) et le master 2 spécialité recherche et spécialité professionnelle “Concepteur réalisateur de formation” (nouvelle version en deux parcours) sont à leur tour mis
en œuvre.

En septembre 2005, l’institut
quitte le 16 quai Claude Bernard et s’installe dans des locaux rénovés au 86 rue Pasteur. Simultanément, se mettent en place deux autres spécialités professionnelles du master 2 : “Administration des établissements éducatifs”
et “Promotion et éducation pour la santé”
(en collaboration avec l’Université Lyon 1).

Le 25 novembre 2005, l’institut célèbre son 60ème anniversaire.

En janvier 2007, dans le cadre du nouveau plan quadriennal, la recherche est
réorganisée, notamment autour de l’Unité Mixte de Recherche (UMR INRP -
Lyon 2) ’’Éducation et Politiques’’.

A la rentrée 2007, le nouveau plan quadriennal des formations est mis en
place. Il voit la création d’un nouveau cursus “Éducation et Langages” (L2 en 2007-2008 ; L3 en 2008-2009) ; un nouveau Master 2 Professionnel en 2008-2009, en lien avec l’IUFM ; des formations déjà en place aux contenus enrichis.
ISPEF 2007/2012

En septembre 2007, Alain KERLAN succède à Charles GARDOU à la direction de l’ISPEF. Au cours de cette période, l’Université Lumière Lyon2, comme toutes les universités françaises, doit mettre en œuvre une réforme dont les conséquences sont particulièrement importantes et discutées dans la communauté universitaire : le passage à l’autonomie.


Pour l’ISPEF, il s’agit alors d’affirmer et de renforcer sa place et son identité, celles des sciences de l’éducation, au sein de l’université Lyon2 et de sa politique éducative.


Cette période est notamment marquée par deux orientations qui vont se traduire dans l’offre de formation. La première orientation n’a cessé de s’affirmer au fil des années : l’exigence de professionnalisation. Longtemps, les sciences de l’éducation ont compté parmi leurs étudiants un nombre significatif d’étudiants exerçant déjà une profession dans les domaines de l’éducation et de la formation. Cette proportion s’est inversée : une grande majorité d’étudiants s’engagent en sciences de l’éducation comme formation initiale, avec l’intention d’y trouver une issues professionnelle. Les sciences d’éducation dans le même temps ont connu un vaste renouvellement et une diversification accrue, à l’image de l’importance croissante des fonctions d’éducation et de formation au sein de la société.


En 2007, l’ISPEF comptait, à côté de son master recherche, trois masters « professionnels » : un master consacré aux métiers de la formation, un master consacré aux problématiques de santé, enfin un master tourné vers l’administration des établissements éducatifs.
A la rentrée 2011/2012, le nombre des masters professionnels était passé de trois à sept : aux masters existant s’ajoutaient un master éducation inclusive et handicap, un master formation de formateur, et deux spécialités d’un master académique consacré à la formation des professeurs des écoles : la spécialité « Education et Langages », et la spécialité « Education et diversité ». Parallèlement, la création d’un « Forum des métiers de l’éducation et de la formation », qui connaîtra en 2013 sa troisième édition annuelle, donnait à l’exigence de professionnalisation une forte visibilité au sein de l’ISPEF et plus largement de l’université Lyon2.


La seconde orientation marque une nouvelle dimension dans la vocation de l’ISPEF : il s’agit de la formation des professeurs des écoles, dans le cadre de la « mastérisation ». Depuis la rentrée 2009, les universités ont la responsabilité de la formation des enseignants, dans le cadre de masters spécifiques. C’était pour l’ISPEF un défi et un enjeu majeur. L’institut a pris toute sa place et ses responsabilités sur cette tâche, en s’engageant dans la création d’un master académique, en étroite relation avec la composante IUFM de l’université Lyon 1, et en inscrivant dans son offre de formation deux « spécialités », précédemment citées : « Education et langages » et « Education et diversité », afin que les étudiants de Lyon2, et plus particulièrement de l’ISPEF, trouvent dans leur université la formation souhaitée.


Ce rapide tableau des évolutions de l’ISPEF au cours de la période considérée serait très incomplet s’il oubliait une dimension de la formation qui compte aujourd’hui tout autant que la formation classique : la formation à distance. Elle est progressivement devenue une part constitutive de l’ISPEF, et pas seulement une offre complémentaire. Dans le cadre du campus numérique FORSE, et en collaboration avec l’université de Rouen, la quasi-totalité de l’offre de formation de l’ISPEF est également proposée à distance. Le master « métiers de la formation » a désormais sa version à distance : le master Ingénieur et Concepteur de Formation. Le MARDIF (master de recherche à distance international francophone), version à distance du master recherche, a vu ses effectifs croître de façon significative.


Il convient enfin de signaler, au cours de cette période 2007-2012, une conjonction qui aura permis à l’ISPEF de renforcer sa position dans le champ de la recherche en éducation et en formation. Le laboratoire Education et Politiques, devenu en 2011 Education cultures et politiques, et intégrant des chercheurs de l’Institut Français d’Education (IFE/ENS) et de l’université Jean Monnet, sous la direction d’André Robert, s’est durablement installé dans le paysage de la recherche en éducation. La nomination d’André Robert à la direction de l’école doctorale EPIC a conforté la reconnaissance de la recherche en sciences de l’éducation au sein des sciences humaines et sociales.

A la rentrée 2012/2013, Denis POIZAT a succédé à Alain Kerlan à la direction de l’ISPEF, tandis que Françoise LANTHEAUME, succédant à André Robert, prenait la responsabilité du laboratoire Education Cultures et Politiques.