André D. Robert

Mardi 18 décembre 2012, par Andre Robert // Enseignants

Professeur des universités

Responsabilités administratives et pédagogiques :

Directeur de l’Ecole doctorale EPIC n° 485.

Président de la section Sciences de l’éducation du CNU (depuis 2011)

Recherches :

Ma spécialité de recherche est la socio-histoire de l’éducation, et mes principaux travaux ont porté et portent spécifiquement sur les politiques éducatives et sur les syndicalismes enseignants, incluant les interactions entre les deux sphères.
Analyse politique des systèmes éducatifs, principalement du système éducatif français (20e siècle) ; étude des processus de décision, des réformes et de leurs effets. Recherche d’éléments de modélisation concernant le changement dans les systèmes éducatifs, en intégrant l’action des forces sociales et particulièrement celles de la représentation enseignante constituée par son syndicalisme spécifique.
Deux études récentes peuvent être relevées :
La première a exploré, d’une manière originale, les relations entre le mouvement d’éducation nouvelle et l’institution scolaire française d’Etat autour de la question de la démocratisation de l’accès au savoir et montré que, contrairement à l’idée reçue, la porosité est assez grande entre les deux sphères (« Une culture ‘contre’ l’autre : les idées de l’éducation nouvelle solubles dans l’institution scolaire d’Etat ? Autour de la démocratisation de l’accès au savoir »). Objet d’une communication dans le cadre du thème central de l’ISCHE XXVI (L’Education nouvelle), cet article a été sélectionné parmi plus de 100 propositions internationales pour publication dans un ‘special issue’ de Paedagogica Historica, 2006.
La seconde a revisité, à partir des échanges menés au sein d’un groupe de travail interne à l’UMR Education & Politiques, les déclinaisons du concept de justice et ses variantes au cours de l’histoire, avant l’avènement de la Ve République en France. J’ai analysé en profondeur la politique scolaire très décriée de la IVe République, et l’ai en partie réhabilitée, montrant en quoi –si elle a manifestement échoué en matière de réforme systémique – elle a néanmoins réalisé certains idéaux de justice (par référence au modèle de l’égalité complexe de Michaël Walzer) en faisant progresser la démocratisation (« La IVème République et les questions de justice et d’égalité dans l’enseignement du second degré : le changement sans la réforme », Revue française de pédagogie, 2007).

Étude historique et sociologique des syndicalismes enseignants, en France et dans le monde (spécialement Europe) en relation étroite avec la problématique sociologique du processus de professionnalisation des enseignants. Théorie de référence : la sociologie interactionniste des professions et la problématique du « service ».
J’ai initié une recherche internationale sur les formes de la grève enseignante comme révélateur des tensions inhérentes à la conception même de la profession enseignante dans le cadre de l’ISCHE (International standing Conference for History of Education). Le groupe international RESEAU, organisé en Standing Working Group (durée : 5 ans), codirigé par André Robert et Jeffrey Tyssens (Vrije Universiteit, Brussels), s’est réuni à chaque congrès annuel de l’ISCHE depuis 2003 pour travailler sur des communications de chercheurs issus de plusieurs pays et continents. Après sélection, ces communications ont donné lieu, sous la direction d’André Robert et Jeffrey Tyssens (et Jeroen Dekker pour le dossier Paedagogica Historica), en passant chaque fois par les comités de lecture des revues, à des publications :
-  Dossier international spécial « Syndicalisme » dans le n°19 de janvier-juin 2005 de Carrefours de l’éducation.
-  Dossier international « Grèves et mobilisations enseignantes » dans Education & sociétés, n° 20, 2007/2.
-  Dossier international « A history of teachers’strikes » dans Paedagogica historica, International Journal of the History of education, Vol. 44, n° V, October 2008, London, Routledge, Taylor & Francis Group. [Indexée Social Science Citation Index].
La grève enseignante n’avait à ce jour pas fait l’objet d’études systématiques en sciences sociales, à la différence de la grève ouvrière, très étudiée. Dans les articles cosignés par André Robert et Jeffrey Tyssens, ce phénomène fait l’objet d’une définition problématisée et d’une cartographie à caractère international, qui constitue un apport reconnu à l’analyse des identités enseignantes.

Un autre aspect de mon travail socio-historique a émergé au cours du quadriennal 2007-2010, et a concerné l’étude de catégories professionnelles enseignantes jamais ou rarement étudiées comme telles jusqu’à ce jour ; elles apparaissent comme ‘frontalières’ (ou ‘objets-frontières’) dans le système français, et se révèlent à ce titre particulièrement significatives des tensions premier/second degré, que J.-M. Chapoulie invitait à questionner jadis. Il s’agit d’une part des professeurs des classes élémentaires des lycées (1881-1965), et d’autre part des PEGC, Professeurs d’enseignement général des collèges (1959-1999).
La première étude a fait l’objet d’une communication au colloque de La Sorbonne sur le bicentenaire des lycées et, présentée comme originale par J.-N. Luc, introducteur de l’ouvrage, a été publiée dans Lycées, lycéens, lycéennes, (2005). L’article développe le concept nouveau de démo-élitisme pour désigner (par différence avec l’élitisme républicain, plus caractéristique du primaire) la singulière combinaison, dans la mentalité de ces ‘professeurs certifiés ‘, de la conviction de la supériorité définitive du secondaire (en un temps où il concernait peu les catégories populaires) et d’une option se disant démocratique et démocratisante. Cette posture démo-éliste a une psotérité contemporaine dans le monde enseignant. La deuxième étude (à paraître prochainement dans un ouvrage des Presses du Septentrion) a fait l’objet d’une communication au colloque Histoire de la FEN, nouvelles sources, nouveaux débats tenu à Roubaix (mai 2006) et s’intitule : « Le SNI et le corps des PEGC : du trouble à la conversion ; une recomposition identitaire (1955-1976) ». Elle explore une identité enseignante particulière, jamais analysée en tant que telle, à travers le prisme de l’engagement syndical. Une table ronde, à laquelle j’ai participé avec Antoine Prost, René Mouriaux, Jacques Girault, a débattu des questions d’épistémologie de la recherche sur le syndicalisme (à paraître dans le même ouvrage).

Depuis 2010, recherche ANR POLEART, avec Alain Kerlan.

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